LA DEMANDE DE VOYAGES LONG-COURRIERS EN EUROPE NE DEVRAIT PAS SE STABILISER AVANT 2025

Nik Fes - Dec 6, 2021
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La pandémie et ses conséquences sur le comportement des voyageurs ont durement touché les entreprises du secteur de la mobilité. Dans les années à venir, on s'attend toutefois à une reprise, qui débutera en Chine et aux États-Unis en 2022.

Pour l'Europe, la demande de voyages long-courriers devrait se stabiliser d'ici 2025/2026 ; pour les voyages d'affaires, en revanche, pas avant 2030.

Ce sont les résultats de l'étude Roland Berger : "Tout changement : How Covid-19 has disrupted the future of long-distance mobility", qui a examiné les effets de COVID-19 sur ce type de voyage en avion, en train et en voiture.

Dans le cadre de cette étude, les experts ont mené une enquête à grande échelle auprès de 7 000 consommateurs ainsi que des entretiens avec des représentants du secteur.

Exiger d'être différent

Selon les experts, la demande reviendra aux niveaux d'avant la crise dans les années à venir, mais elle sera quelque peu différente.

Les voyages en train seront plus populaires auprès des consommateurs, qui sont également plus attentifs à l'environnement lorsqu'ils voyagent, et les voyageurs d'affaires seront moins souvent sur la route, mais pour des périodes plus longues.

Selon l'enquête, lorsque toutes les restrictions liées au COVID auront été levées, deux changements importants sont à prévoir à l'avenir.

D'une part, les personnes interrogées partent du principe qu'à l'avenir, elles effectueront environ 20 % de trajets en moins, que ce soit à titre privé ou professionnel.

D'autre part, la demande de voyages d'affaires sera bien en deçà des niveaux d'avant la crise de Covid-19 (-24 % en Europe et aux États-Unis et -21 % en Chine).

Le tourisme d'affaires est particulièrement touché

Le passage aux réunions virtuelles a entraîné une baisse de la volonté de voyager chez les voyageurs d'affaires. Ce phénomène est particulièrement évident en Europe (44 %) et aux États-Unis (40 %).

En Chine, les réglementations et les lois (45%) restent le principal moteur des voyages d'affaires, suivies de près par les considérations de coût (43%).

Les experts notent également que les entreprises ont été contraintes de réviser leurs directives en matière de voyages et de passer aux technologies de communication virtuelle en raison de la pandémie.

La tendance à une plus grande sensibilisation et à une plus grande efficacité lors des déplacements se poursuivra et sera particulièrement ressentie dans le secteur des affaires.

Le développement durable à l'ordre du jour

La sensibilisation croissante des consommateurs au développement durable a déjà conduit l'industrie et les gouvernements à réduire les émissions de CO2. Les mégatendances de la mobilité verte et de la durabilité auront un impact sur les voyages privés et professionnels.

Une autre tendance majeure sera le développement de nouvelles formes de mobilité, qui n'auront toutefois pas de conséquences à court terme pour l'industrie du voyage. Les innovations technologiques telles que les véhicules autonomes ou les taxis aériens n'arriveront guère sur le marché à grande échelle avant 2030.

La "nouvelle normalité" européenne en 2025 ?

Les experts supposent généralement que la "nouvelle normalité", avec la levée de toutes les restrictions liées à la pandémie, interviendra en 2024.

Grâce à la forte croissance du marché, la Chine devrait connaître la reprise la plus rapide au début ou au milieu de l'année 2022. Les États-Unis suivront dans le courant de l'année 2022. En Europe, la demande de voyages long-courriers ne se stabilisera probablement pas à nouveau avant 2025/26.

Enfin, il a été souligné que les acteurs du secteur devront s'intéresser à de nouveaux segments de clientèle, repenser leurs modèles d'entreprise et faire de la durabilité une partie intégrante de leur stratégie d'entreprise.

Les différents segments de clientèle se redresseront à des vitesses différentes. Le développement de produits spécifiques à un segment peut donc s'avérer décisif pour les entreprises, tant sur le plan financier que sur celui de la compétitivité.

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